Paroles de femmes depuis le "nombril" du Nicaragua
Source : María López Vigil de RISAL
Au Nicaragua, la violence des hommes envers les femmes est tolérée. L'impunité est la règle. Alors, en plus d'organiser des ateliers et des campagnes d’information, des femmes de Bocana de Paiwas ont créé la radio Palabra de Mujer pour dénoncer les hommes coupables de violence conjugale et aider un plus grand nombre de femmes.
"Notre seule arme efficace est de rendre les délits publics grâce à la radio", explique Jamileth Chavarría, directrice de la radio et "sorcière messagère" qui informe aussi avec humour sur d'autres problèmes sociaux, parle de sexualité - ce qui intéresse aussi les hommes - soutient l’avortement et diffuse les matchs de baseball. Entre chaque manche, alors que tout le village les écoute, elles passent leurs messages. Palabra de Mujer a acquis une telle influence dans la région que les femmes commencent à penser de façon différente.
La radio stimule également la résistance des habitant-es contre le mégaprojet Copalar "qui n’a fait l’objet d’aucune concertation avec les habitant-es de Paiwas. Il signifie la destruction de notre identité et de notre mode de vie et ne sert qu’à assurer des profits aux chefs d’entreprise nationaux et internationaux qui ne font que piller et détruire les ressources naturelles des pays du Sud, sans rien proposer en échange aux villageois et à leur environnement."
"Nous sommes convaincues que le développement n’est possible que s’il émane de l’intérêt profond du peuple, et non des besoins du grand capital. Nous croyons que nous avons le droit d’avoir la parole et de participer aux décisions importantes qui se prennent au Nicaragua."
- Le blog de Nicole Nepton
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

